Edito du n°156 des « Nouvelles d’Afghanistan »

Publié le 7 avril 2017

-Edito : L’Afghanistan a disparu

Naguère, c’était le pays des cavaliers, puis ce fut celui des combattants de la liberté avant de devenir celui des seigneurs de guerre. En 2002 on s’emballa pour aller le reconstruire. Avec le retour des Tâlebân, il devint l’endroit où se jouait la paix du monde. Bizarrement, nous sommes obligés de constater que l’Afghanistan n’est plus. N’intéresse plus personne. Il y a cinq ans encore, il y avait un débat en France entre les candidats à l’élection présidentielle. C’était à qui retirerait le plus vite les soldats français de ce pays lointain. Ils étaient censés avoir combattu pour une grande cause. Et tout à coup, il n’y eut plus de cause à défendre. Ni la paix mondiale. Ni les droits humains. Ni le retour à la normale d’un pays ami meurtri.

Aujourd’hui, qui entend encore prononcer le mot Afghanistan ? A vrai dire, on entend encore les Anglais en parler. Le ministre britannique de la Défense a demandé récemment le maintien des troupes britanniques en Afghanistan, voire l’accroissement de leur nombre, mais dans quel but ? Pour « prévenir la fuite de millions de migrants afghans vers les pays européens ».

On dit que les donateurs sont fatigués de l’Afghanistan. En réalité, personne ne dit : « je suis fatigué de l’Afghanistan ». Mais tout le monde justifie sa passivité par une sorte d’alibi flou. « On » est fatigué de l’Afghanistan. La communauté internationale est fatiguée. Une grande fatigue s’est emparée tout soudain de nos dirigeants. Il me semble qu’il conviendrait mieux de parler d’une somnolence. Un manque de lucidité et de solidarité les a engourdis. Ils ne voient plus que l’Afghanistan continue de jouer un rôle central dans les conflits de la région. Ils ne perçoivent plus que la misère et le sentiment d’abandon ne sont pas la voie la plus sûre vers la paix.

Tout le monde est d’accord pour dire que la paix dans le monde passe par un soutien déterminé aux actions de développement notamment dans les pays en crise. Mais concrètement, c’est la fatigue qu’on invoque.

Alors réveillons-nous. Réveillons nos hommes politiques. Et parlons-leur un peu de l’Afghanistan. Peut-être se souviendront-ils qu’ils l’ont aimé un jour ? Peut-être comprendront-ils que ce peuple a certes besoin d’aide matérielle mais a surtout besoin d’un soutien intelligent accordé avec cœur ? AFRANE a donc écrit aux candidats à l’élection présidentielle pour leur demander leurs intentions. Leurs réponses seront visibles sur le site d’AFRANE.

Etienne Gille - (20 mars 2017)

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